Lendemains de concours à Charleville

Le concours de l’ESNAM a connu son dénouement. Sur les 16 candidats retenus, 5 sont issus des formations du Théâtre aux Mains Nues. C’est, en soi, une proportion remarquable. Notre formation, une fois de plus, se révèle être un bon tremplin pour accéder à cette école.

Mais une analyse plus détaillée s’impose : il y a eu 140 inscriptions à ce concours. 65 candidats ont été sélectionnés pour se présenter aux épreuves d’admissibilité. 15 d’entre eux étaient passé par le Théâtre aux Mains Nues : environ un quart des postulants.

Lucile Bodson a souligné la très grande qualité des candidatures. Le niveau monte, comme on dit, et c’est une bonne nouvelle pour la marionnette. Mais en contrepartie, la concurrence est rude et les choix difficiles.

A l’issue de cette première phase, 28 candidats on intégré le stage probatoire. Ils étaient 7, issus du TMN, à vivre ces cinq jours intensifs d’immersion complète dans l’univers de l’ESNAM. Encore une fois, un quart de l’effectif retenu.

Un second jury – c’est une obligation statutaire – était réuni pour prendre les ultimes décisions. Lucile Bodson et Jean-Louis Heckel étaient les seuls témoins des phases précédentes.

On imagine les débats et les controverses pour se mettre d’accord, et les votes, au final, pour trancher dans le vif.

Cinq candidats issus du TMN intègrent donc cette école : un tiers des effectifs. Cela représente également un tiers des candidats « TMN » présents au départ de l’épreuve.

Ce bilan chiffré, pour positif qu’il soit, ne dit pas tout de la réalité. Si je me réjouis pour les heureux élus, je songe premièrement à ceux qui ont échoué. Il y a parmi eux des jeunes gens de très grande qualité et dont la vocation me semble claire. Je les encourage à endurer leur vocation. Le TMN ne les abandonnera. Il y a une vie après les concours. Et d’autres chemins sont possibles pour construire sa vie dans l’art.

Cela me renforce dans l’idée que le Théâtre aux Mains Nues doit offrir d’autres perspectives de formation, en particulier dans le domaine de la formation continue.

Si la complémentarité est évidente entre l’ESNAM et le TMN, notre lieu n’en a pas moins son histoire propre. Sa pédagogie, conjuguant recherche et création, discipline instrumentale et dramaturgie, scénographie et création plastique, doit demeurer un pôle innovant dans ce domaine de la formation de l’acteur marionnettiste.

Eloi Recoing.