Entretien avec Jacques Suire, créateur du spectacle Êtres en formes et fondateur de la Compagnie Suforel

etres-en-formes.jpgComment et quand est née la compagnie Suforel ?

Dans les années 65-70, j’ai découvert le marionnettiste Yves Joly et ses spectacles visuels uniquement sur fond sonore, sans parole, utilisant comme seul matériau le bristol ou des objets détournés de leur fonction. C’est de cette découverte que découlera la création en 1971 de l’association « SUFOREL ».

L’association a été créée par quatre personnes passionnées de marionnettes: Jacques et Bernadette SUIRE, Bernard FORGET, et Francine HELLE . Les premières créations sont : « Palikao », « Noémie », « Le jardin de Clotilde », « Le chef d’orchestre » et « Ikala ». En 1982 la compagnie s’agrandit avec Philippe Amadieu. En 1987, c’est au tour d’Irina Ostasevic-Sabatier de rejoindre la compagnie. Cette équipe constituera la base de la compagnie SUFOREL jusqu’en 2007 (année du départ de J.Suire et B.Chatel).

Comment vous êtes vous formés à la marionnette ?

J’ai suivi pendant un an un stage de manipulation avec « Giles et ses marottes ». Ma formation initiale de chercheur (Physico-chimiste) m’a amené à appréhender la marionnette dans l’esprit d’une recherche permanente basée sur l’étude des mouvements avec l’utilisation de « matériaux vivants ».

Proposez-vous également des ateliers, des stages et/ou des formations ?

Oui. Nous fournissons un dossier sur demande.

Êtres en formes

Quand Êtres en formes a-t-il été créé ?

Une première ébauche a vu le jour en 1983 sous le titre de « Objets Vivants Nés de l’Imaginaire ». En 1984, la version définitive prenait forme sous le titre de « Êtres en formes »

Le spectacle a-t-il subi des modifications depuis sa création ?

Quelques transformations (ou images) se sont rajoutées au fil du temps, mais le fil conducteur du spectacle -la naissance, la vie, la mort- est resté le même.

Quels types de marionnettes utilisez-vous pour le spectacle ?

Nous utilisons des formes animées en mousse de polyester. La manipulation s’apparente à la manipulation de marionnettes à tiges.

Pourquoi avoir donné tant d’importance au son et à la musique dans ce spectacle ?

Notre démarche étant de privilégier l’imaginaire, nous accordons beaucoup d’importance à l’illustration sonore et musicale. Cette orientation n’exclut pas l’utilisation du texte lorsque celui-ci paraît alors indispensable. Nous considérons la marionnette ou la forme comme un moyen d’expression à part entière.

Quel est le rôle de la lumière dans Êtres en formes ?

La mousse étant volontairement laissée à l’état brut, c’est la lumière qui permet d’appuyer les transformations des formes et de créer diverses ambiances (par les gélatines de différentes couleurs).

Il semble qu’Êtres en formes est proche de la bande-dessinée et du dessin animé ?

Effectivement, puisqu’il s’agit de formes réalisées à partir de bandes de mousse pouvant remplacer les traits d’un dessin. De la bande dessinée à la bande (de mousse) animée …

A qui s’adresse ce spectacle ?

Ce spectacle fait appel à l’imaginaire et présente divers niveaux de lecture. Il concerne tous les publics de la maternelle au quatrième âge.

Mho ! et le secret de la Petite Forêt …

Merci à Francis Beddock et Tatiana pour les photos.
Découvrez le travail de Francis : ici
Et celui de Tatiana : ici

Au revoir Mho!

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L’atmosphère enjouée et colorée de Mho ! et le Secret de la Petite Forêt, le spectacle tout droit venu du Congo Brazzaville que nous avons présenté du 19 au 24 avril dernier, semble avoir séduit le public, venu nombreux en ces vacances de printemps !

Une heure durant, les spectateurs ont été immergés dans l’univers des deux marionnettistes Ulrich N’Toyo et Dorient Kaly, sur fond de chant accompagné de musique traditionnelle du Congo.

Un spectacle qui a plu autant aux grands qu’aux plus petits, même si ces derniers ont appréhendé le spectacle de façons très différentes…Quelques réactions recueillies, à chaud, à la sortie du spectacle :

Faradja, 5 ans
« Pourquoi y a les têtes à la fin ? Moi, avec les têtes j’avais peur…mais c’était quand même
triste. C’était beau ! »

Gihane, 6 ans
Première fois au théâtre.
« Moi ce que j’ai aimé c’est la chanson »

Juliette, 4 ans
Troisième fois au théâtre. Mais première fois des marionnettes.
« J’ai même pas eu peur »

Mho continue donc sa route…Il est en ce moment à Rouen, pour le Festival Globe Théâtre, avant de retrouver son Congo Brazzaville pour de nouvelles aventures !

Emmanuelle Corson