Bienvenue, par Lucile Beaune


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Clowns résidentiels du théâtre, aux aspirations plutôt présidentielles… Le spectacle s’organise autour de deux clowns, Mossieur assisté d’Angénue (Paul Chevillard et Margherita Piantini), qui nous parlent de notre « Belle et grande France », à la manière d’un discours politique. Spectacle qui tourne à la « belle et grande farce », révélant sous des dessous comiques, et clownesques l’absurdité de certaines facettes de notre démocratie… Le spectateur se doit de creuser sous leurs jeux de mots récurrents afin de comprendre qu’il assiste à la critique de tout ce qui constitue la politique de notre pays. Notre président, le ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, la politique des quotas, les français bousculés face aux différences… Tout le monde en prend pour son grade…

 « Épluche-toi, sale con…combre »

 Le spectacle alterne show des clowns et interventions de petites marionnettes. Celles-ci sont des petites têtes manipulées représentant tour à tour français, policiers et immigrés, des têtes colorées par la diversité de notre monde. Elles viennent nous montrer différents exemples de la politique française quant au sort des immigrés, l’image réelle et palpable de notre quotidien : ils ne sont  pas souvent les bienvenus

 Lors de cette représentation, neufs travailleurs sans papiers étaient présents dans la salle.

 La tension était forte, certains baissaient les yeux, certains regardaient autour d’eux apeurés, d’autre riaient à gorge déployée… Voir leurs réalités représentée sous leurs yeux par des clowns et des marionnettes a laissé en eux des sentiments contradictoires, à l’image de deux répliques du spectacle : « Dehors les immigrés ! », « De l’or les immigrés ».

Tous directement concernés par ce qu’il se passait sous nos yeux, l’illusion théâtrale s’effaçait pour un face à face inattendu avec la réalité… La situation apparaît de plus en plus urgente, notre théâtre reflète les maux d’une nation en réelle souffrance, d’un environnement de plus en plus déchiré, de tensions de plus en plus palpables…

 Stop.

ACTION.

Agissons…  «