DEUXIEME SEMAINE DU PROJET DE MISE EN SCENE DE PEER GYNT : 25 au 28 Janvier 2010

Dans la continuité du travail amorcé par les élèves de la formation intensive au Théâtre aux Mains nues, voici le résumé de l’évolution du projet réalisé cette semaine du 25 au 28 Janvier 2010.

Lundi et Mardi, nous avons travaillé avec Cyril Bourgois -technique de l’acteur marionnettiste- sur différents échauffements, exercices techniques ou improvisations rattachés au principe de la dissociation. Il s’agit de dissocier deux éléments ou plus, deux marionnettes par exemple, dont la voix et la démarche seraient différentes, en tachant de les faire agir de manière simultanée. Tous ces exercices se sont regroupés autour du thème de la pièce Peer Gynt, pour permettre à chaque élève de se représenter un peu mieux les différents personnages de la pièce.

Mercredi et Jeudi nous avons travaillé avec Nicolas Goussef – mise en scène du projet-  sur des échauffements et des exercices liés au concept de la cristallisation, technique inspirée du mime Etienne Decroux. A l’aide d’un bâton par exemple, qui vient donner à notre corps une position que celui-ci doit tenir, rigidifier. Nos mouvements sont précis, bloqués, comme des automates. Enfin il nous a proposé un découpage de la pièce en choisissant treize scènes que nous travaillerons, dans le but de la représentation. Les élèves ont pu, grâce à différentes mises en espace et en voix, commencer à choisir quel rôle ils aimeraient jouer…

PREMIERE SEMAINE DU PROJET DE MISE EN SCENE : PEER GYNT Du 18 au 21 Janvier 2010

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Un nouveau projet commence pour les élèves de la formation intensive du « Théâtre aux Mains nues », après leur stage de travail corporel, il s’agit de mettre en place une création collective, autour d’un projet de mise en scène de la pièce d’Ibsen Peer Gynt. Ce projet s’inscrit dans leur formation et sera mené sur trois mois, et aboutira à une représentation finale à partir du 30 Mars 2010.  Voici le résumé du travail amorcé pendant la première semaine de ce projet.

Cette première semaine d’élaboration du projet Peer Gynt s’est articulée dans un premier temps, par la découverte du texte et la réflexion autour des différents symboles et thèmes que contient la pièce. Dans les premiers jours, une lecture commune de l’intégralité de l’œuvre, qui nous a permis à tous de mettre en lumière des thèmes fondamentaux comme celui de l’être soi même.  Cette semaine, nous avons pu prendre le temps de discuter à la fois de la pièce, mais aussi de notre projet et des différentes idées de mise en scène, et de découpage du texte.    Cette pièce apparaissait le premier jour comme une fable irreprésentable par tout ce qu’elle déploie de fantastique, de questionnements existentiels, métaphysiques, philosophiques… On ne sait pas vraiment par quel coté l’aborder. Et c’est parce qu’elle pose problème que justement, le travail est intéressant, dans le sens où se déploie sous nos yeux un désordre, un chaos, que nous sommes libres à présent d’agencer de manière à lui donner du sens, notre sens…  

 

 

En résumé, Nicolas Goussef termine la dernière journée par l’idée d’un sous titre que nous pourrions donner à cette mise en scène « Peer Gynt et les chantiers du soi même ». C’est dans cette direction que nous allons désormais. Nous entrons, en tant qu’élèves en formation, dans un chantier, nous partons à la recherche d’un texte et de sa mise en voix, en corps et en espace, mais aussi à la recherche de notre propre construction. Ce projet collectif artistique est imaginé et pensé comme un premier chemin qui peut nous faire grandir, nous transformer… Projet lié autour du thème du « soi » que nous offre cette œuvre, en rapport avec ce que nous sommes et ce que nous cherchons, notre parcours et ses différents détours 

Stage de « travail corporel » au Théâtre aux Mains Nues du 04 au 14 Janvier 2010

Au sein de la formation intensive de 507h proposée par le Théâtre aux Mains Nues, il est proposé, après les vacances de Noël, un stage de deux semaines auprès d’un intervenant marionnettiste, sur le thème du travail corporel. Les élèves ayant suivit pendant le premier trimestre d’enseignement l’apprentissage des différents principes fondamentaux rattachés à la marionnette, auprès de professeurs qui les ont amenés à la pratique d’acteur marionnettiste, la technique vocale, physique, la scénographie ou encore la dramaturgie…

La rentrée 2010 commence donc, pour les élèves de la formation intensive du Théâtre aux Mains nues, par un stage de deux semaines, auprès de l’intervenant marionnettiste, Gabriel Hermand Priquet. L’intitulé de ce stage aborde l’idée d’un travail corporel ; « training spécifique en relation avec la marionnette et les fondamentaux de la manipulation ». Aujourd’hui le stage prend fin, et nous sommes tous emplis de réflexions, au début encore troubles et floues, mais les zones d’ombres sont parfois porteuses de sens dans la durée comme nous le constatons à présent.

Travail sur les perceptions que nous offre notre corps :

Gabriel tout au long de cet atelier nous a donné des pistes de réflexion et de compréhension par rapport à notre corps, et à tout ce qui peut le constituer. En observant et travaillant sur chaque partie de notre corps de manière indépendante (main, pied, hanche, colonne vertébrale…), certain contact (os, peau, articulation…), nous étions seuls ou en binôme rythmés au son de la voix de Gabriel qui berçait nos mouvements de manière à comprendre comment notre corps peut se déplacer, se bouger, s’articuler. Les premiers jours, nos impressions sont confuses. Dans un premier temps, la sensation d’une ouverture, et d’une perception abstraite de notre environnement quotidien, tout ce qui le compose : béton, ciel, neige, foule… Mais ces sensations, où nous mènent-elles ? Nous avons participé à un travail détaillé, où notre corps est comme disséqué, où l’on expérimente dans nos mouvements des perceptions profondes de nos os, de notre peau, de ce qu’elle contient, les différents balancements de nos hanches, l’ondulation de notre colonne vertébrale, la perception d’un bloc dorsal limitant certaines taches… Tout au long des différents exercices que Gabriel a pu nous proposer, il nous a invité à noter notre perception des différents contacts que nous pouvions établir : notre corps, le corps d’un autre, le sol, les murs, l’air, et enfin une matière partenaire : du papier de soie.

Lien avec de nouvelles matières :

Les liens avec la marionnette se précisent peu à peu, comment pouvons nous être réceptifs aux différentes matières qui composent notre monde ? Quels sont les mouvements que nous offre –de manière basique- notre corps ? Et comment pouvons-nous « faire corps » avec une certaine matière pour l’accompagner ? La manipuler ? Ou encore, être manipulé par elle ? Le travail des derniers jours autour du papier de soie, nous a amené à explorer la multitude de liens possibles que l’on pouvait réaliser avec une matière indépendante. En enlevant toute appréciation sentimentale, il s’agit de noter et de mémoriser comment nous bougeons, ou nous fusionnons avec une texture particulière? Comment les images quelle me renvoie se dépose dans mon corps ? Qui est le protagoniste de la relation ? Le papier étant un partenaire dont la qualité de mouvement est autonome dans son rapport à l’air et à la gravité… Nos corps inscrivaient la sensation du « touché peau », un touché plutôt caressant et fluide à l’écoute de sa texture. Si nous avions travaillé avec une autre matière, du bois par exemple, quel aurait été notre rapport corporel à celui-ci ?

Vers la technique :

Le fait d’avoir pu nommer tous ces mouvements et leurs qualités, d’avoir pu noter, inscrire et rendre crédible ce qui nous constitue, et ce qui constitue notre environnement, peut nous amener à la pratique d’une technique. Il ne s’agit pas, selon moi, d’un savoir qui nous permet de sentir certaines choses, mais de découvrir une sensation qui nous offre une disponibilité, une ouverture à différentes perceptions dans l’apprentissage d’une éventuelle technique artistique. « J’ai la sensation d’être comme une terre qui aurait été labourée, retournée. Je suis ouverte à tous les éléments, le vent, la neige, la pluie… » nous dit Perrine dans une discussion. Cette image est finalement reprise par Gabriel, qui reparle de ce travail comme un en dessous, nous sommes en quelque sorte, à présent, « ouverts » à un travail artistique. Nous en sortons éveillés et avertis par cette idée de contact et de « corps » avec les matières de notre monde.