Les photos des marionnettes géantes du Théâtre aux Mains Nues : défilé du carnaval 2010

Projet Peer Gynt d’Ibsen : 5ème semaine du travail collectif de la formation intensive du Théâtre aux Mains Nues

Cette semaine était une semaine intense, dernières discussions avant l’arrivée des vacances. A la rentrée nous commencerons à entrer dans une démarche moins réflexive que le début du projet. Nous avons pu établir un planning des répétitions, commencer à fixer notre proposition scénographique et penser à une concrétisation de l’ensemble de notre mise en scène.

Il me semble intéressant de revenir à présent sur l’idée de création collective. « L’être ensemble » au service d’un projet artistique. Vaste réflexion dans l’étendue du monde de la création. Sans divaguer dans les méandres des pensées des grands précurseurs du Théâtre ou de l’art en général, sur ce qu’on pourrait appeler «  la synthèse des arts », nous ne pouvons que constater que l’idée du projet collectif reste un chemin difficile à mener dans le fait qu’il regroupe ici des individus d’âge et de parcours différents, dont les objectifs et les idées créatrices ne se rencontrent pas toujours. Comment –dans le cadre de cette formation- réussir à approfondir cette notion et à porter un projet ensemble, professeurs et élèves dans une pensée cohérente ?

Les professeurs ont pu appuyer cette semaine sur l’importance de la cohésion du groupe. Où nous serions chacun porteur du projet, ayant la conscience d’être inscrit dans un tout. Ils ont également insister sur la notion d’écoute, de prise de note personnelle pour que chacun puisse se sentir créatif. Les élèves doivent se sentir à la fois inventifs tout en sachant qu’ils sont dans une démarche d’apprentissage d’une technique, d’expérimentation vers un certain épanouissement professionnel…

Cette réflexion nous amène à comprendre comment le collectif est envisageable dans un consensus commun d’écoute, de bienveillance ; dans un souci de communication juste et honnête, où nous sommes capables d’abandonner certaines idées pour nous amener à une création qui nous concerne tous : élèves, enseignants, acteurs, créateurs, sans oublier le public.

Projet Peer Gynt d’Ibsen : 4ème semaine du travail collectif de la formation intensive du Théâtre aux Mains Nues

DSCF1971

Le travail autour de la mise en scène de Peer Gynt avec les élèves et les professeurs de la formation intensive du Théâtre aux Mains nues, se consolide de jour en jour. Notre processus de travail s’organise logiquement, et nous aurons bientôt observé toutes les scènes que nous avons décidé de travailler dans ce projet. La distribution se finalise, des images s’imposent. Les élèves terminent d’apprendre leur texte, et nous jouons à décliner nos scènes sous différents axes : présence de l’acteur et de la marionnette, ou encore juste des marionnettes et toutes les matières qu’elles peuvent prendre (bâche, mains nues, gaine…).

Cette semaine nous avons pu nous interroger de façon concrète sur notre espace de jeu, explorant la matière « bâche », composante essentielle de notre mise en scène, amenant l’idée de chantier dans notre création. Mais comment jouer avec cette matière qui peut être utilisée comme espace (création d’un castelet en bâche), mais aussi comme outil (marionnettes en bâche), ou encore de manière plus large comme univers de notre pièce (l’ensemble du théâtre bâché) ? Nous nous sommes interrogés toute cette semaine, explorant cette matière en improvisation, imaginant la multiplicité de possibilités scéniques que dégageait ce matériau.

Nous avons vu cette semaine naître de nouveaux tableaux, de nouvelles scènes. La façon de procéder se situant toujours au niveau de l’expérimentation, formateurs et élèves s’interrogent sur le sens de l’œuvre, et des scènes que nous voulons représenter.A présent, il est temps de poser les bases de notre projet : notre espace, l’ordre de passage des scènes, leur mise en scène, le déroulement de l’ensemble du spectacle, et sa réception…

Ainsi s’font font font les grandes marionnettes…

dsc00675.JPG

Le carnaval approche à grands pas et c’est le moment de mettre la main à la pâte ! Pour le défilé du 14 février, le Théâtre aux mains nues situé dans le XXe arrondissement organise des ateliers de fabrication et manipulation de marionnettes.

Venez couper, scier, coudre, souder au gré de votre fantaisie et apporter votre touche personnelle à la 13eme édition du carnaval de Paris. «C’est l’occasion de faire des rencontres  avec des gens du quartier.» Tristan la trentaine, a participé aux ateliers l’année dernière. Cette année, il ne peut pas être là, mais il est passé souhaiter bon courage à ceux qui sont devenus des amis. Il faut dire que l’ambiance est détendue : Pendant que Boris prépare un thé, Elodie branche son Ipod : «On est là pour passer un bon moment avant tout.» Détente mais aussi application, surtout que cette les techniques de construction sont plus élaborées que les autres années. «L’idée est que les marionnettes ne soient pas éphémères, elles seront réutilisées pour d’autre événements» précise Olivia Texier, la médiatrice culturelle du théâtre qui se lance dans l’aventure pour la 3eme année consécutive.

Ambiance bric-à-brac

L’atelier est envahi par une pluie de flocons blancs. « En rentrant chez moi, j’étais toute blanche » plaisante Elodie en enfilant sa blouse. Le corps des marionnettes est taillé dans des blocs de polystyrène qu’Olivia récupère sur des chantiers ou des décors de cinéma. Tubes de PVC, tiges de métal flexible, gaines d’isolation en mousse, grillage… « On a gardé l’esprit bric-à-brac, tout ce qui est là, c’est de la récup’.» Pour 2010, pas de bois, ni de papier mâché, l’objectif c’est la solidité et la légèreté pour que tout le monde puisse porter les créatures pendant le défilé. Pour les outils, c’est Jean-Mi qui s’en occupe: « J’ai fabriqué des scies chauffantes et un système de fil de fer chauffant avec une corde à piano car du vrai fil à couper, ça coûte 350 euros la bobine. » Ce procédé n’est pas pour déplaire à Karine, une canadienne spécialement venue en France pour suivre un stage de marionnettes: « on dirait du fil à couper le beurre, ça procure une sensation agréable. » Pour le reste, scies, cutters, rabots, brosses métalliques vont permettre aux pantins de prendre forme.

Physique et méninges

Pour créer un « couple improbable », l’imagination du groupe a donc tourné à plein pot. « J’ai demandé à chacun d’apporter des idées, on a fait un tour de table et finalement, ce sera un monstre et une mariée pour cette année. » explique Olivia. Au mur, des personnages de Tim Burton sont affichés, « on va s’en inspirer pour les costumes. » Boris examine les modèles, réfléchit, lance de nouvelles idées, « on réinvente des façons de faire à chaque atelier.»Travail manuel donc mais aussi cérébral : « Il faut de l’expression, du mouvement. Une marionnette, c’est l’incarnation de l’imaginaire, alors pas de limites ! » Confie Olivia à la troupe. Deux marionnettes dont le poids variera de 40 à 60 kilos sortiront de l’atelier d’ici le 14 février. Mais, c’est surtout lors du défilé qu’elles prendront vie. Pour ce faire, il existe 2 techniques : la marionnette habitable, où le porteur se glisse à l’intérieur et celle portative, intégrés à un sac à dos grâce à une tige de fer qui surplombe le porteur. « Le défilé, c’est très physique » se souvient Tristan, « L’année dernière, j’étais épuisé, mais avec les batucadas (percussions brésiliennes) qui nous accompagnent, ça nous donne du rythme et du courage. » Pour tous ceux qui souhaitent rejoindre l’aventure, Olivia prévient : « la bonne humeur est notre seul mot d’ordre ! »

Pour participer aux ateliers « marionnettes géantes » jusqu’au dimanche 14 février (les mercredis de 18h à 20h et les samedis de 11h à 13h).Théâtre aux mains nues, 7 square des Cardeurs 75020 Paris. Tél : 0143726028.

Clément Moutiez

Troisième semaine du projet de mise en scène de la pièce Peer Gynt: du 1er au 5 Février 2010

dscf1880.JPG

Voici à présent trois semaines que nous avons – au sein de La Formation Intensive du Théâtre aux Mains Nues- commencé à travailler sur la pièce Peer Gynt d’Ibsen, les élèves entourés d’un metteur en scène, et de leurs différents professeurs envisagent une création collective autour de la pièce. Voici le résumé du travail effectué cette première semaine du mois de Février 2010.

Nous avons passé toute la semaine avec Nicolas Goussef, notre metteur en scène, tantôt accompagné d’Eloi Recoing – dramaturge- ainsi que Gaëlle Lecourtois –travail vocal. Cette semaine, nous avons pu sentir le projet prendre une tournure bien plus concrète que les semaines passées.

Toujours en expérimentant, nous avons commencé à choisir les rôles de chacun dans les scènes que nous allons représenter, ainsi les élèves ayant commencé à apprendre leur texte ont pu expérimenter certaines propositions scéniques qui s’affinent de jours en jours…

Le travail s’approfondit à mesure que le projet avance, rien ne se fige totalement. Nicolas privilégie l’idée de Chantier dans la création, laissant la parole à tout le monde, nous évoluons dans une compréhension plus sensible de l’œuvre d’Ibsen. Beaucoup d’images apparaissent dans les différentes expérimentations que nous faisons d’une même scène. Pour le moment nous n’avons pas encore à choisir, il s’agit surtout de trouver un sens à cette pièce, qui nous corresponde, et que l’on puisse transmettre…