Rendez-vous avec Alain Lecucq

Le Rendez-vous avec Alain Lecuq s’est déroulé du 11 au 13 janvier 2013.

Connaissez-vous le Théâtre de Papier? Mais si, vous savez, cette forme de théâtre- miniature en deux dimensions que nos grands-mères découpaient, enfants, pour rejouer ensuite les plus grands succès du moment.. Encore plus inventive aujourd’hui, cette forme de théâtre apparentée aux arts de la marionnette, n’a pas fini de nous surprendre.

Le temps d’un court stage, Narguess Majd et Alain Lecucq nous ouvrent les portes de leur univers et nous initient à cette étonnante technique. Autant vous le dire tout de suite, je suis partie très frustrée du théâtre aux Mains Nues… S’il vous plaît, laissez-moi colorier encore un peu!

Après avoir pris un temps pour nous raconter l’histoire du théâtre de Papier apparu au XIXe siècle en Angleterre, Alain Lecucq et Narguess Majd nous apprennent  à fabriquer un personnage « simple » afin de comprendre les contraintes techniques de base.

Dans ce stage étonnant, nous naviguons entre les réflexions de Craig sur la marionnette et la marque idéale de colle à papier peint à utiliser impérativement.

Une fois terminé le tour d’horizon du théâtre de Papier, c’est à nous de jouer pour créer des petites formes. Par groupes de deux à trois, des ébauches de projets étonnants émergent: un petit chaperon rouge assez inquiétant, un extrait en dentelle du roman Le coeur cousu, de Carole Martinez, ou encore un délirant « making-of  » d’Autant en emporte le vent

Un grand merci à Anne-Lise Prudat pour les photos du week-end!

Rencontre avec Bruno Leone

LE RENDEZ-VOUS AVEC BRUNO LEONE A EU LIEU LE SAMEDI 13 ET LE DIMANCHE 14 OCTOBRE 2012

LE  PARCOURS DE BRUNO LEONE

Aujourd’hui Maître de marionnette à gaine napolitaine, Bruno Leone nous explique que pour lui, l’âme de Pulcinella réside dans sa voix.  Entre le sifflement, le caquètement et le rire, cette voix, difficilement imitable, il l’a cherchée longtemps.

Son Maître, qui se refusait à lui enseigner une technique, lui a transmis en revanche bien plus : tout un art qui se doit d’être réinventé au fil des spectacles, au contact du public et qui ne doit jamais s’appesantir du poids de la tradition. Le vieux maître d’alors qui avait pourtant juré de ne plus jamais jouer, avait repris  du service, pour accompagner le jeune Bruno d’alors, et les deux hommes, le Maître et l’élève, ont joué ensemble jusqu’à la mort du premier, en 1986.

LA VOIX DE PULCINELLA

Bruno Leone nous l’aura assez répété pendant cette rencontre, le secret de Pulcinella ne tient pas à la technique, toute la magie est dans le jeu, la vitalité du personnage. Quand on lui demande « Mais qui donc est Pulcinella ?»,  Bruno Leone devient pensif. Il hésite a nous livrer ses secrets, un peu comme son Maître d’alors. C’est donc sous forme de conférence, illustrée  d’extraits de spectacles, que peu à peu il nous dévoile une partie de son savoir.

On le sent hésitant, non pas qu’il ne soit pas généreux, mais plutôt qu’après toutes ces années, il semble toujours n’être pas bien sûr de savoir qui est réellement ce drôle de personnage ou comment il se joue.

Sur un point au moins, le napolitain est sûr de lui : ce qui fait l’âme du personnage, c’est sa voix. Sans cette voix « magique », on passe complètement à côté de Pulcinella, on le normalise, on le renvoie au commun des mortels, et cela, Bruno ne peut le concevoir.

Etre en dehors de soi même, est un principe propre à toutes les marionnettes, mais avec Pulcinella, cela va encore plus loin. Ses particularités physiques (vêtement blanc, masque noir, voix hors de toute réalité), ainsi que son répertoire, le rendent universel. Le masque noir renvoie à la mort tendis que tout le reste du personnage tend à la vie.

Dans chaque spectacle Bruno écrit un canevas, et le reste c’est de l’improvisation. Il avoue aux stagiaires – un peu sceptiques – ne jamais répéter… Quand un des participants exprime son incrédulité, Bruno insiste : la seule fois ou il a répété, ça l’a plus fatigué qu’autre chose et il a avalé sa Pivetta. Ca lui est arrivé deux fois, ça aurait pu être grave, mais les deux fois il s’en est bien sorti… seulement, depuis, il ne veux plus répéter.

En revanche, il suit un entraînement physique ( yoga, natation…) sinon, impossible de suivre le rythme.

« La technique de manipulation, on s’en fout », martèle-t-il, ce qui compte c’est le rythme, la voix, la vitalité du personnage. Et le voilà reparti à nous faire une démonstration!

Durant deux jours, notre curiosité aura raison des réserves de Bruno et il nous livrera bon nombre de ses secrets,  à condition que nous n’allions pas les dévoiler au premier venu. Si Pulcinella vous intéresse, ce sera donc à vous de creuser, de chercher, car si j’ai bien retenu la leçon, ce n’est qu’au bout d’une longue quête personnelle que vous trouverez votre Pulcinella et que la magie de celui-ci pourra opérer.

Angèle Gilliard