Sauve qui peut la vie ! Journal de bord du projet collectif

 

 Episode 2: Prise de contact

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Comme pour toute mise en place d’un projet collectif, le travail commence sobrement, autour d’une table. En ce lundi 4 novembre, nous sommes 12 élèves et 5 intervenants à découvrir et échanger nos premières impressions sur les textes de l’auteur mis à l’honneur cette année : Boris Vian.

Après un premier tour de table durant lequel on rappelle les rôles de chacun, il est grand temps de présenter le projet.

Premier point de départ donc, et premières constatations. Le corpus préalablement choisi est vaste et assez impressionnant. Plus d’une vingtaine de textes de chansons, de poèmes, et une même nouvelle, L’Impuissant. Il nous faudra faire des choix !

Certains s’imposent d’eux-mêmes. La distribution du spectacle par exemple : exclusivement féminine ! Cette année, pas un seul mâle n’a osé franchir la porte de la formation annuelle. Qu’à cela ne tienne, sur scène, nous retrouverons donc les 12 élèves du théâtre et un pianiste, David Recoing, qui accompagnera sur scène les apprenties comédiennes-marionnettistes – un homme, enfin !

D’autres relèvent de choix antérieurs, imaginés par les intervenants metteurs en scène, musiciens, facteurs de marionnettes et scénographes lors de leurs réunions de préparation du projet.

Le texte de chanson représente une sorte d’économie de l’écriture qui offre un matériau particulièrement propice aux écritures marionnettiques. Ce sont de véritables micro-récits à mettre en scène.

Cependant, nous l’a rappelé Eloi Recoing, si la forme du « cabaret » s’impose d’elle-même par l’hétérogénéité même des matériaux à travailler, il nous faudra prendre garde à ne pas sombrer dans la succession de douze numéros solos. A travers les micros-récits des poèmes et chansons, il faudra créer une unité dramaturgique, une véritable fluidité du spectacle. Il faut que dans la succession, le montage de ces petites histoires, se dégage un propos qui soit le nôtre, non plus celui de Boris Vian. Il nous faut construire notre regard sur cet univers et lui donner vie, forme et cohérence. C’est tout cela que nous aurons à construire ensemble.

L’unité dramaturgique d’un spectacle peut aussi – et peut-être paradoxalement – passer par la contrainte. Einat Landais, qui dirigera nos constructions de marionnettes et de la scénographie, annonce alors la couleur : cette année, la seule contrainte sera celle du papier. Matériau multiple, protéiforme et poétique, il offre des possibilités plastiques étonnantes et qui a l’avantage non négligeable d’être économique et du point de vue des deniers, et de celui du temps… chose dont nous ne disposons pas en abondance ! Inutile de s’embarquer et de se perdre dans recherche chronophage du raffinement de la matière, explique-t-elle, le parti-pris de ce geste plastique est déjà une avancée sur l’unité esthétique de la production à venir. Il s’avère également qu’elle s’accorde à merveille avec l’univers de Vian : loufoque, baroque, provoc’ et littéraire. Tout ceci mis en place, il est l’heure de prendre contact avec les voix de chacune. Gaëlle Lecourtois a la lourde tâche de nous apprendre à maîtriser vocalement l’univers jazzy des textes et musiques de Boris Vian. Pour elle, le chant doit surgir comme un mouvement fluide. Il est un geste théâtral à appréhender comme n’importe quel autre…mais qui  nécessitera pour certaines un gros travail de confiance en soi. Si certaines sont immédiatement très à l’aise, pour d’autre, chanter en solo devant toute l’équipe, ce n’est pas si facile.

Nous voici plonges dans une odyssée de formes et de matériaux. Beaucoup de nouveautés à appréhender !

Affaire à suivre…