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La programmation du Théâtre aux Mains Nues se décide et se déploie en fonction de trois exigences
fondamentales : développer coûte que coûte une politique de création spécifique dans le domaine des marionnettes. Une politique fondée sur des écritures fortes, qu’elles soient d’hier ou d’aujourd’hui.
Car la question demeure : Comment représenter le monde ?
Comment donner à voir le monde autrement. Oui, tout faire pour que notre lieu soit un espace de recherche et de transformation de nos représentations.


Soutenir le travail des jeunes compagnies par une politique volontariste de programmation
- alors même que cette activité est déficitaire pour le lieu
- notre jauge de 50 places n’autorisant pas de recettes mirobolantes. Cela se traduit par une politique de coréalisation équitable, un investissement matériel et humain de toute l’équipe du théâtre, pour servir de tremplin à des envols prometteurs. Il s’agit de parier sur la jeunesse tout en l’accompagnant dans ses premiers pas.


Enfin renouer avec un public populaire, celui de notre quartier Saint Blaise, en programmant des spectacles tout public dans nos murs aussi bien qu’hors les murs. Populaire ne veut pas dire populiste et ce n’est pas non plus le nombre qui est le garant d’un spectacle populaire.

Ces exigences antagonistes sont pour moi essentielles si l’on veut à la fois élargir la base sociale de notre public, l’ouvrir aux formes nouvelles et agir sur nos représentations du monde. Car le monde ne restera pas ce qu’il est. Et le théâtre peut y contribuer pour peu qu’il soit une projection dans l’utopie.

Eloi Recoing

Ident :